WELLINGWORDS

Welcome to welling words, a place of litterary delight



http://www.mainslibres.asso.fr/fichiers/coins%20de%20la%20rueavril2008.pdf
19 Décembre 2007
Après le prix du foie gras, la visite du président au Vatican, l’Europe qui s’agrandit et autres futilités informatives ou informations futiles, une information me frappe « sans transition » et en plein cœur : « Un sans abri est mort de froid hier soir Place de la Concorde ». Phrase laconique lancée à la gueule des téléspectateurs d’une chaine française. Rien ! Ni nom, ni visage ni âge. No comment ! Rien ! Dans l’orgie de consommation de Noël, il serait déplacé de trop parler des déchets humains qui osent mourir Place de la Concorde.

Quelle idée d’aller mourir Place de la concorde ! Une place si belle, si propre dans un des plus beaux  quartiers de Paris, France. Place où, aujourd’hui, on fête les triomphes. Mourir comme ça bêtement, au moment des fêtes en plus, Juste avant Noël. Quel manque de goût !

J’aurais voulu le voir vivant ce sans abri. Avait-il la tête d’un sans culotte de la France d’en bas qui rêve sans doute de replacer par  cette nuit froide du 19  décembre 2007, une nouvelle guillotine pour les riches trop nourris et trop bien logés aujourd’hui à Paris ou ailleurs. Ceux qui comme disait Prévert «mettent un loup sur leur visage quand ils mangent du mouton», tout ceux qui assistent aux différends « diners de têtes à Paris, France » ou ailleurs.

Adieu, homme sans nom, sans visage, sans voix et qui pourtant nous parle fort de vie fugace et éphémère et de la futilité de tous nos possessions. En partant place de la Concorde, tu rappelles aux tyrans confondus de cette planète, la farce de leur pouvoir et tu renommes la Place de la Concorde : Place de la Révolution.

Hafsa Bekri-Lamrani  

Casablanca Maroc

(Publié en Avril 2008 par le journal Aux 4 coins de la rue par Le Collectif Morts de la rue – Paris)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *