WELLINGWORDS

Welcome to welling words, a place of litterary delight

Ne me demandez surtout pas pourquoi seuls 

Les Musulmans célèbrent le salut du fils d’Abraham !

 

Aujourd’hui Aïd El Kébir, la Grande Fête

Je suis témoin d’un autre sacrifice

Sur un autre autel

L’autel de la pauvreté, du vice et de

La violence sans conscience.

 

La sacrifiée se nomme Majida

Comble de l’ironie parfois malsaine de la vie

Majida signifie l’auguste, la glorieuse.

Majida ! Neuf ans, brune, de grands yeux noirs

En Manque, à l’affût du moindre signe d’affection

Un, corps meurtri

Brûlures, blessures, griffures

Ont écrit à jamais l’alphabet

Sauvage d’une violence immonde.

Ici ni Père, ni fils

Pas de mouton pour sauver l’enfant

L’enfant, ici, est réellement meurtri

Dedans, dehors par une mère

Transformée en monstre

Par la misère et la drogue

 

Majida se blottit contre moi et

Mon cœur s’habille de ses

Blessures visibles et invisibles

– Tiens bon Majida.

Qu’est-ce que tu veux faire plus tard ? 

– Taraza 

Brodeuse ! 

Brodeuse parmi les deux cent quarante

Filles de ce centre de repêchage

Quelque part loin des beaux quartiers de Casablanca

Brodeuse, elle dont le corps est

Tissé de pleurs et brodé de misère.

Brodeuse ! Et je pleure d’impuissance.

 

Hafsa Bekri-Lamrani

10 Dhu Al Hijja 1424, 31 Janvier 2004, Tevet 5764

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