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CONFERENCE AU CARREFOUR DES LIVRES – CASABLANCA

17 Janvier 1992

DÉVELOPPEMENT ET LANGUE , DÉVELOPPEMENT D’UNE LANGUE

LE CAS DE L’ANGLAIS

RÉSUME

Pour tenter de comprendre pourquoi et comment l’anglais s’est transformé en visa de communication (avec ou sans notre consentement), il convient d’examiner les points suivants :

  • Le milieu et les facteurs d’évolution d’une civilisation comme support d’une langue véhiculaire.
  • L’histoire et le développement de la langue anglaise à l’intérieur puis à l’extérieur de la Grande Bretagne.
  • Les images culturelles véhiculées par l’Amérique.
  • Le monde entre l’harmonie des cultures et le nivellement uniformisateur ?

Ce n’est qu’après avoir situé l’anglais dans ce cycle des civilisations, qui ont eu le souffle nécessaire pour quitter leurs frontières et s’étendre à d’autres pays, qu’il est possible de faire un lien entre la première et la deuxième phase de la civilisation-support de l’anglais : La Grande Bretagne productrice de la langue et l’Amérique productrice d’images.

C’est alors que, devant un bilinguisme choisi, une question cruciale se pose : accepter une langue véhiculaire internationale, cela reviendrait-il à consommer passivement des images venues d’ailleurs ? Pas lorsqu’on aborde les éléments véhiculés par cette langue avec discernement. Lorsqu’une langue devient internationale, el cesse, par définition d’appartenir à une seule nation et devient un terrain de dialogue interculturel. Pour le cas de l’Anglais qui représente l’Occident, il s’agirait de réduire sa distance psychique avec le reste du monde pour moins souffrir de monolinguisme et de monoculture. De même qu’il s’agirait pour le reste du monde de prendre la responsabilité de devenir acteur dans une nouvelle psychographie mondiale.

INTRODUCTION

Je débute souvent mes cours en demandant aux étudiants : « Pourquoi étudiez-vous l’anglais, il y a plus de 6000 langues sur la planète ? » Après un moment de surprise justifié, chacun présente ses propres motivations où revient souvent la place de l’anglais dans le monde. Ce sont donc ces réflexions avec mes étudiants et une juxtaposition d’événements qui ont échelonné mes trente ans de fréquentation de la langue anglaise qui m’incitent à me pencher aujourd’hui sur l’évolution et l’impact mondial de cette langue.

De ces événements je citerai le premier, (le starter) : Un voyage en Allemagne avec mes parents dans les année soixante. J’avais 12 ans et je parlais un anglais très moyen. Néanmoins, le bout de connaissance de cette langue, fit de moi pour la première fois, une traductrice ! J’ai eu donc la chance de comprendre, qu’en sortant du cercle France Maghreb, on pouvait trouver son chemin à Francfort en parlant anglais.

C’est donc pour tenter de comprendre pourquoi et comment l’anglais s’est transformé en visa de communication (avec ou sans notre consentement) que nous abordons les questions suivantes :

  • Le milieu et les facteurs d’évolution ou d’une civilisation comme support d’une langue véhiculaire.
  • L’histoire et le développement de la langue anglaise à l’intérieur puis à l’extérieur de la Grande Bretagne.
  • Les images culturelles véhiculées par l’Amérique (Amour, Haine, Quelle émission ? Quelle réception ? )
  • Le monde entre l’harmonie des cultures et le nivellement uniformisateur ? (Le Big Brother de George Orwell ; une langue ou un langage)
  1. MILIEU ET FACTEURS D’ÉVOLUTION D’UNE LANGUE

Si bien entendu, nous excluons d’emblée et en accord avec Chomsky, toute notion de supériorité ou d’infériorité d’une langue par rapport à une autre, nous pourrions nous poser les questions suivantes :

Comment une langue déborde-t-elle de ses frontières pour s’étendre à d’autres pays (un ou plusieurs pays et dans le cas de l’anglais à tous les pays. (Lévi-Strauss)

Pour tenter de trouver des hypothèses possibles, il serait intéressant de considérer quelques civilisations clés. Notre sujet étant l’anglais (langue née en Europe) nous éviterons le raccourci habituel des manuels scolaires et autres livres d’histoires, qui consiste à réduire l’histoire de l’Europe à la civilisation gréco-romaine en passant par la Renaissance en évitant soigneusement l’apport des civilisations arabo-musulmanes (l’Andalousie, la Sicile, la Turquie). On oublie aussi de mentionner l’apport de la civilisation Egyptienne, à Thales et à Pythagore.

Il est vrai que l’on trouve des similitudes de dynamisme entre la civilisation grecque antique et celle des pays comme l’Angleterre et la France. La Grèce a développé le dressage des chevaux, l’art de la navigation, du commerce, les lois, une vie urbaine raffinée, la céramique, l’orfèvrerie, la science l’architecture, avant de fonder de nombreuses colonies allant jusqu’au sud des îles Britanniques.

Rome, au deuxième siècle après J.C. prend la relève. Les Etrusques jouent un rôle d’uniformisateurs auquel vient s’ajouter le patrimoine culturel gréco-phénicien. L’empire romain connaîtra sa chute au cinquième siècle.

Deux siècles plus tard, la civilisation Islamique du septième au quinzième siècle, à la différence des deux précédentes, sortira très vite de son Arabie natale, l’Islam n’étant pas un pays mais une foi. Le calendrier même de l’Islam prend comme point de départ une émigration et la ville, Al Madina, est une ville d’accueil. La force civilisationnelle des musulmans et son âge d’or résident dans l’art de comprendre, de traduire, de faire circuler l’information, de cumuler, de brasser et de parfaire les idées et les techniques, chemin faisant et avec comme dénominateur commun la langue arabe.

Qu’en est-il de l’anglais aujourd’hui dans une Europe qui cherche à se rassembler. L’Angleterre qui a longtemps boudé l’Europe y a quand même installé sa langue (les USA aidant par le cinéma, la technologie, la musique). Ce qui nous amène à approcher l’histoire de la langue anglaise dans son environnement.

  1. HISTOIRE ET EVOLUTION DE LA LANGUE ANGLAISE

Etudier l’histoire d’une langue, c’est analyser l’histoire du peuple qui la parle et qui la transforme (ou non) d’une langue de communication sommaire d’un dialecte régional, en une langue d’échanges scientifique, commerciaux, culturels, dépassant largement les frontière du pays dont elle est originaire.

C’est sous cet angle que nous allons suivre le cheminement de l’anglais, simple dialecte londonien au départ qui a été fixé par un marchand, William Caxton qui a introduit la presse en Angleterre en 1476. Nous pouvons distinguer deux grandes étapes :

  • Histoire et évolution de la langue à l’intérieur de la Grande Bretagne
  • Histoire et évolution de la langue à l’extérieur de la Grande Bretagne
  1. Histoire et évolution à l’intérieur de la Grande Bretagne

« L’histoire de notre langue » dit Paul Robert « commence à peu près en 600. Tout ce qui précède relève de la préhistoire (…) pendant les mille ans qui ont précédé la naissance du Christ, nos ancêtres linguistiques étaient des sauvages errant à travers les forêts du Nord. Leur langue faisant partie des langues germaniques indo-européennes. »

De quoi était donc faite la préhistoire anglaise ?

  • Les Celtes : l’Angleterre comme la France de cette époque était Celte avec à partir de 43 après J.C., une influence romaine sans qu’il y ait toutefois comme en France ou en Espagne un impact sur la langue. « Le latin à cette époque (de 43 à 499 après J.C.) demeura comme une crème sur un gâteau. » (Paul Robert
  • Les Jutes, les Angles et les Saxons : Jusqu’à la fin du cinquième siècle, l’Angleterre demeura Celte. Mais en 499, le roi Vortigen appela à l’aide la tribu germaniques des Jutes. Suivirent deux autres tribus germaniques, les Angles et les Saxons. Après un siècle de lutte acharnée, les Anglo-Saxons s’établirent dans le sud de l’Angleterre. Nous voilà donc à la fin de la préhistoire linguistique.

Quant à l’histoire de la langue, elle commence avec la christianisation des Anglo-saxons (600 après J.C.). C’est donc avec le Christianisme qu’apparaît le premier texte écrit : « Bewolf », un poème épique. On distingue ensuite quatre grandes époques de la langue anglaise :

de 600 à 1100                          Anglais ancien

de 1100 à 1500                        Anglais médiéval

de 1500 à 1700                        Anglais moderne

de 1700 à aujourd’hui               Anglais post moderne

L’Anglais ancien :

L’invasion des Vikings en 900 dans le sud-est de l’Angleterre aura peu d’influence sur l’anglais ancien

L’Anglais médiéval :

L’invasion normande en 1066 apporte d’importants changements à la langue anglaise. Les deux siècles de présence française apporteront à l’Angleterre d’important changement dans le vocabulaire. Le Français va devenir la langue de la justice, de la noblesse, des belles lettres et de la cuisine. Le premier vrai texte littéraire anglais, les Canterbury Tales, va voir le jour à cette époque (1388). Toutefois, malgré cette influence énorme et profonde du Français, l’Anglais dans sa prononciation, sa structure et son vocabulaire de base reste authentique.

L’Anglais moderne

C’est un commerçant, Robert Caxton, converti en homme de lettres et traducteur qui choisit le dialecte londonien pour ses traductions, son dictionnaire Anglais-Français et son encyclopédie. C’est lui qui publia les Canterburry Tales. Nous somme en Europe à l’heure de Gutenberg ; les langues se nationalisent avec l’aide de l’imprimerie. L’Anglais populaire prend alors une double revanche sur le Latin, langue véhiculaire sectaire et sur le Français langue aristocratique. C’est cette époque qui donna à l’Angleterre, ses plus grands trésors linguistiques : Shakespeare et la Bible du roi James.

L’anglais postmoderne

C’est l’époque où l’anglais se cristallise dans sa forme moderne

  • Création de dictionnaire
  • Samuel Johnson’s dictionnary – 18 e siècle
  • Oxford English Dictionnary – 19 e siècle
  • Consolidation de la grammaire sur l’exemple franco-latin

Toutefois, la force principale du développement de la langue anglaise en tant que langue véhiculaire a été, à partir de cette époque, son énorme expansion géographique.

Du XV e siècle où l’Anglais est une langue mineure parlée par une poignée de personnes sur une petite île d’Europe, elle est à passée aujourd’hui à une langue véhiculaire vitale pour les sciences, l’économie, la politique, les arts visuels, la musique, à l’échelle planétaire.

  1. Histoire et évolution à l’extérieur de la Grande Bretagne

Quand l’histoire et la géographie s’accouplent, cela peut donner des miracles. « C’est le port qui fait les marins. » nous dit Jean Favier (Les grandes découvertes) Or l’Angleterre ne peur avoir de contacts avec ses proches ou lointains voisins que par voie maritime.

« Les îles Britanniques furent elles-mêmes découvertes par un navigateur aventureux nommé Pythéas (300 ans avant J.C.). Il y trouva des habitants aux cheveux blonds, des celtes venus de Gaule. (Ogrizek, 1947)

A cette séparation géographique naturelle et avec l’avènement du roi Henri VIII, vint s’ajouter une séparation capitale : le divorce avec l’église romaine. De plus Henri VIII dote le pays d’une flotte puissante. Sa fille Elisabeth, consolide le pays d’une main de fer. Grâce à des capitaines comme Drake et des victoires maritimes telles que celle sur l’Invincible Armada des Espagnols en 1588, l’Angleterre devient la première puissance maritime mondiale.

Avec une langue unifiée, une religion nationale, une flotte fortifiée et un commerce international florissant, cette Angleterre Elisabéthaine prend son souffle pour plusieurs siècles afin de se tailler un empire qui s’étalera sur les cinq continents.

Alors que l’Anglais métropolitain avait adopté des mots dans les langues de ses envahisseurs successifs, l’Anglais colonial va glaner des mots dans les pays qu’il colonise en gardant toujours sa trame anglo-saxonne.

  • Des mots tels que :
  • Pyjama et Shampoo = mots hindous
  • Gambos = mot africain
  • Coma = mot espagnol
  • Une kyrielle de mots arabes dans les domaines de l’astronomie, les mathématiques, la botanique, la musique, la cuisine
  • Boomerang = mot aborigène d’Australie
  • Mocassins, canoë, anorak = mots amérindiens

Jusque là pourtant, lorsqu’on replace cette évolution dans le cycle consolidation-développement interne, suivi de développement externe, il n’y a rien de révolutionnaire : d’autres civilisations ont suivi ce schéma et se sont essoufflées après un âge d’or tandis que d’autres prenaient la relève : La Mésopotamie, l’Egypte, La Phénicie, La Grèce, Rome, L’Islam se sont développé et ont exporté leur civilisation. P

Plus proche de nous, on peut citer des pays européens colonisateurs tels que la France, l’Espagne, le Portugal, la Belgique, la Hollande. Mais la différence avec l’Angleterre c’est qu’elle a enfanté des colonies spéciales où ce ne sont pas les autochtones qui ont récupéré leur pays mais ces mêmes colonisateurs Anglais qui se sont détachés de leur pays d’origine pour continuer la colonisation à leur façon. Il s’agit de pays comme les USA, L’Australie, l’Afrique du Sud. Nous retiendrons l’exemple des USA pour  le troisième volet de cette étude :

  • L’AMERIQUE, HIER, AUJOURD’HUI ET DEMAIN

La première image de l’Amérique anglo-saxonne est une image d’émigration. On pourrait à ce stade la comparer à l’Islam. C’est en effet la foi et la persécution qui a fait fuir les premiers anglais qui ont débarqué, malade, affamés et misérables sur cette terre des natifs de cet immense continent, après leur long et pénible périple sur le Mayflower parti d’Angleterre le  6 septembre 1620. Ils n’étaient pas venus à la recherche d’un Eldorado, mais d’une terre où ils pouvaient adorer dieu à leur guise, fuyant la dictature de l’Eglise Anglicane. Ces protestants, accueillis et aidés par les autochtones ont crée la première fête américaine toujours célébrée de nos jours : Le Thanksgiving.

Leur fuite est celle d’un enfant persécuté par des parents tyranniques. Non pas dans le but de renier son héritage culturel et spirituel en bloc mais juste pour le vivre à sa manière. Si la vague de colonisation et les différentes vagues d’immigration s’avèrent plus mercantiles et plus destructrices envers les populations indigènes de l’Amérique,  l’image du pionnier bravant les frontières de la peur et des privations a toujours sous-tendu la pensée américaine. Le mot « frontiers » qui aux USA signifie possibilités : c’est-à-dire des frontières à franchir. En témoigne cette phrase que m’a sorti une américaine dans les années 80 : « You have a lot of frontiers in Morocco » No comment !

C’est peut-être la une des sources de cette attraction-répulsion que les peuples de la terre et parfois les étatsuniens eux-mêmes éprouvent pour les Etats Unis.

La deuxième image forte des Etats Unis c’est la force de l’homme pauvre, du vulnérable. Les émigrés quelle que soit la vague qui les fait échoir devant la Statue de la Liberté, ils arrivent généralement les poches vides et la tête pleine de rêves, rêves de liberté d’expression, de richesse, d’intégration ou de puissance dans un pays ou vous êtes ce que vous faites même si, comme la Moll Flanders de Daniel Defoe, vous venez de la Bastille anglaise : La prison de Newgate à Londres.

Et ces deux mythes, celui de l’être humain sans titre, sans bagage, et du pionnier prêt à trimer pour arriver au bien-être, ont été le vrai patrimoine de l’Américain venu de partout et nulle part et qui commence son intégration par l’apprentissage de la langue de Shakespeare. Car le chaudron qui fait fondre toutes les cultures reste linguistiquement Anglo-Saxon.

Et, c’est là le maillon qui relie l’Amérique blanche à ses ancêtres insulaires. Bien sûr l’Inde a été colonisée, mais aujourd’hui, si c’est un pays anglophone, ce n’est pas un pays anglo-saxon. Ce qui caractérise l’Amérique blanche c’est que, si elle a symbolisé la terre d’accueil pour l’Européen persécuté, elle a dû pour s’établir décimer les autochtones et acculturer leurs survivants puis réduire des Africains à l’esclavage. C’est la le talon d’Achille des fascinations qui passent du sublime à l’horrible, où la soif de justice côtoie allègrement l’injustice, où les valeurs varient au gré du racisme.

C’est sans doute cette diversité ethnique et la réunion ou rejet des contraires qui a fait de l’Amérique un laboratoire d’humains. La planétarisation de l’Anglais ne s’est-elle pas faite aux Etats Unis avant de se répandre dans le monde ? Dans son bureau au M.I.T. Noam Chomsky dit à Guy Sorman ; « si vous voulez apprendre n’importe quelle langue du monde, ce n’est pas la peine d’aller vous perdre dans une jungle quelconque, venez au Massachussetts Institute of Technology. » (Sorman) C’est ce que Alvin Toffler appelle l’effet Woody Allen (Toffler), le fait de vouloir être tout le monde à la fois ;

Je me rends compte que j’ai d’emblée abordé l’Amérique avec le mot image, alors s’agit-il vraiment de l’Anglais ?

« Toutes les langues » nous dit Chomsky « reposent sur une seule grammaire universelle et la structure que l’homme est susceptible de parler est limitée. » (Sorman)  Pourquoi ? Parce que nous sommes conditionnés par notre patrimoine génétique.

Bien sûr, tous les anglicistes objecteront (non sans raison) que la langue anglaise vous donne avec environ 500 mots seulement, un accès rapide à la communication et quelle a des atouts non négligeables :

  • Le masculin et le féminin utilisés uniquement pour l’homme ou la femme permettent l’acquisition d’un grand nombre de mots sans souci de genre.
  • Les adjectifs et les articles sont statiques ; ils ne varient pas selon le masculin, le féminin, le singulier ou le pluriel.
  • Une grande précision dans le temps et l’espace grâce entre autre à l’utilisation des nombreuses prépositions.
  • Une grande concision visible physiquement dans les traductions de l’Anglais vers le Français, ce qui fait envoyer des téléfax en anglais par des français pour une économie de coût.

Toutefois la vraie puissance qui a permis la planétarisation de la langue anglaise et des images culturelles américaines qu’elle véhicule, c’est son appartenance à ceux qu’Alvin Toffler appelle les faiseurs d’images. Et pour donner deux exemples extrêmes, je citerai :

  1. La chaîne CNN pendant la guerre du Golf, chaîne d’information opérant dans 86 pays
  1. Les films américains. Combien de personnes dans le monde n’on jamais vu un film américain ?

Facile ! Y a qu’à… ? NON, pas si facile. Pour devenir un vrai faiseur d’image, il faut comprendre les facteurs nécessaires à la fabrication des images assez forte pour exporter une culture :

  • Le temps comme facteur de développement
  • La démocratisation du savoir
  • L’esprit critique
  • La recherche scientifique

Dans un chapitre sui s’intitule « Les rapides et les lents », Alvin Toffler dans Les nouveaux pouvoirs, dit qu’avec la fin de la guerre froide, les pays cessent d’être classés en pays capitalistes ou communistes ou Nord/Sud, mais en pays rapides ou pays lents. Les japonais l’ayant compris se trouvent dans la triade du Nouvel Ordre Mondial qui passe par Washington Berlin Tokyo. D’autres pays « rapides » pointent du nez (La Chine, les pays dragons, l’Inde).

Mais tout le monde n’est pas Japonais. Que faire ? Apprendre ‘anglais et regarder passivement des images venues d’ailleurs ? Cette question nous mène vers le dernier volet de cette étude.

  1. HARMONIE DES CULTURES OU NIVELLEMENT

UNIFORMISATEUR

Bilinguisme actif ou consommation culturelle passive ? A nous de choisir. Il n’est plus à prouver que l’Anglais est aujourd’hui, la langue internationale véhiculaire dans les domaines scientifique, commercial et culturel, les médias aidant. Mais pour qu’une langue devienne véhiculaire, il faut qu’elle ait quelque chose d’intéressant à véhiculer. II faut que ses productions scientifiques, intellectuelles et artistiques du peuple qui la parle soient de taille à voyager. Si les Arabes se sont arrêtés à Poitiers comme on se plaît à le dire, la civilisation arabo-islamique, celle qui a produit El Khawarizmi et ses algorithmes est la base sans laquelle les ordinateurs du 21e siècle ne pourraient fonctionner. De même, la science ayant changé de mains, nous utilisons aujourd’hui des inventions occidentales dans notre quotidien.

Alors s’agit-il vraiment d’Anglais ou d’une langue quelconque quand on parle d’évolution d’une civilisation ou sert-elle seulement de support pour la production de cette civilisation ?

Soyons donc honnête et posons les vraies questions qui se trouvent non pas dans l’utilisation de l’Anglais mais le soubassement de cette langue, c’est-à-dire les productions technologiques, intellectuelles et artistiques de l’Occident avec à sa tête les Etats Unis.

Mais ce développement de la culture Occidentale et sa propagation au monde comporte-t-elle des dangers ? Voici donc pour conclure quelques points de réflexion sur le développement d’un Nouvel Ordre Mondial :

  • Production et propagation de drogue et d’armes à feu et chimiques : vrai dialogue Nord Sud et 50% de l’argent qui circule dans le monde
  • Utilisation des media pour la perversion et la terreur (pédophilie, terrorisme)
  • Apparition d’un nouvel âge obscurantiste, piège pseudo spirituel profitant du vide spirituel de l’ère industrielle qui a fabriqué un être consommant. (Toffler et Fromm)
  • L’envers du décor du développement externe, c’est le danger interne du monolinguisme et de la monoculture pour les Etats Unis et pour les pays Occidentaux. En témoigne la progression constante des mouvements Néo-nazis et xénophobes qui fleurissent aux Etats Unis et en Europe : Ku Klux Klan, Skin Heads, Front National, etc. Hitler est-il vraiment mort ?
  • La léthargie et la corruption des pays d’un monde appelé « Tiers » puis « Lent ». Pays qui n’ont pas pu comme pour la France Afrique, les pays dit Arabes ou l’Amérique Latine secouer le joug d’un Occident dominateur.

Quelle harmonie des cultures possible ?

L’ère du racisme et du rejet ne pourra prendre fin que lorsque, d’une part, l’Occident comprendra que jamais il ne pourra, sans l’aide du reste des populations de la planète, amortir la violence qu’il a accumulé durant sa période de colonisation, d’esclavage et d’industrialisation et d’autre part lorsque les anciens abusés ou colonisés cesseront de se dénigrer face à l’Occident, de le haïr en douce tout en dépendant de son aide. Nous végétons en spectateurs en dénigrant ce qui ne nous arrange pas et en consommant ce que les autres inventent et fabriquent. C’est donnant, donnant, et nous pouvons donner. Nos terres foisonnent de richesses et on nous pauvres.

Il ne s’agit donc ni de dollar, ni de pétrole, ni de pauvreté, il s’agit d’un double réveil psychologique vital pour la survie d’une planète qui s’essouffle. Pour réduire la distance psychique, il nous faut remodeler

La psychographie de notre communication. Si la tendance d’une civilisation forte est l’hégémonie, la force d’une civilisation subtile est de savoir choisir.

Alors parlons Anglais, comme on a parlé, en autres, Araméen, Grec, Latin, Arabe, Français, en attendant le développement d’une nouvelle civilisation et du nouveau chant de sa langue !

BIBLIOGRAPHIE

MILIEU ET FACTEURS D’EVOLUTION

Race et histoire – C.L. Strauss – Editions Gauthier – 1961

The discoverers – Daniel Boortin – Random House New York – 1983

Les vrais penseurs de notre temps – Guy Sorman LP Fayars – 1989

Le Soleil d’Allah brille sur l’Occident – Sigrid Hunke  – Albin Michel

1963

HISTOIRE DE LA LANGUE ANGLAISE

  1. L’anglais

La Grande Bretagne – Dore Orgrizek – ODE Paris 1947

« Something about English » in Understanding English

Harper Lee 1 Row 1958

The Development of Modern English

Robertson and Cassidy – Prentice Hall New York 1954

The World of Words – Barnett Kotler and Martin Light

Houghton Muffin Company – Boston – 1965

  1. Le bilinguisme

Le langage et son double – Julien Green – Point 1987

The Bilingual Family – Edith Harding & Phillip Riley

Cambridge University Press – 1986

Life With Two Languages – François Grosjean

Cambridge Massachussets  & London- 1982

Du bilinguisme – Collectif- Editions Denoël 1983

  1. La linguistique

Le Maghreb pluriel – A. Khattibi – Ed.Denoël – Paris -1983

Espace de l’imaginaire, dirigé par Kacem Basfao

E.P.RI. Faculté de lettres Hassan II Aïn Chock – Casablanca

Collection que Sais-je :

Les langues véhiculaires – Louis Jean Calvet

L’étymologie – Charles Brucker

La géographie des langues – Rolan Breton

Signe, symboles et mythes – Luc Besnoît

L’ AMÉRIQUE, HIER, AUJOURD’HUI ET DEMAIN

Les vrais penseurs de notre temps  – Guy Sorman – Fayard – 1989

The Future Shock – Alvin Toffler – Bantham Books , N.Y. 1970

Les nouveaux pouvoirs – Alvin Toffler – Fayard -1990

L’Amérique dans les têtes – Dirigé par Denis Lacone, Jacques Rupnik, Marie France Toinet – 1986

The Colonial Origin of American thought – Max Savelle – Van Nostrand – 1967

Beyond Freedom and Dignity – B. F. Skinner – Bantom Books – 1971

The Future Shock – Alvin Toffler – Dayly Express 1971

The Third Wave – Alvin Toffler – Pan Books – 1988

HARMONIE DES CULTURES OU NIVELLEMENT UNIFORMISANT

De l’ethnocide – 10-18 recueil de textes – 1972

To Have or to Be – Eric Fromm – Abascus 1976

La société de l’esprit – Marvin Minsky – Inter-Editions – Paris -1985

Les Nababs de la pauvreté – Graham Hancock – R. Laffont – 1991

ARTICLES

« Le Reflux de l’immatériel » – Mehdi El Mandjra

Libération 19 avril 1991

Information et souveraineté – Mehdi El Mandjra

L’espace marocain Oct obre, Novembre, Decembre 1991

Du mythe de la société – El Yahyaoui Yahia

Libération 3 Janvier 1992

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